IF des Pressoirs
Hier, le jour sest levé derrière la colline,
le soleil a inondé le grand pré en pente,
sans que tes yeux ne souvrent, sans quil ne picote ton long cou cuivré,
sans que tes jambes ne se déplient,
sans que tu télances, joyeux, vers ton vieux copain jaune
et tes autres compagnons
Lun deux est sûrement venu voir si tu dormais encore
pourquoi, sous ce beau soleil ?
Oui pourquoi If, pourquoi ne tes-tu pas levé comme dhabitude ?
Aujourdhui comme chaque jour, mon ordinateur maccueille
avec cette superbe photo de toi,
le nez dans lherbe et ces trois ou quatre fleurs
qui te chatouillent les narines.
Tu te régales et pourtant tes oreilles et ton regard un peu taquin
restent posés sur moi
Leau monte encore une fois à mes paupières
et je ne sais pas lempêcher.
Je ne peux me résoudre à croire que tu ne relèveras pas la tête,
que je ne sentirais plus ton souffle chaud sur mes mains,
que tu ne viendras plus fouiller mes poches
Depuis tout ce temps où tu es posé là, sur mon écran,
à veiller ainsi du matin au soir sur mon travail,
si tu savais combien de fois mes pensées sont venues
senfouir au creux de ta crinière !
Tristesse, lassitude ou fatigue,
tu as tout absorbé dans tes longs crins brûlés
parce que je savais que tu respirais là-bas, dans des hectares de liberté.
Loin, tu étais loin de nous, mais à dévorer le vent,
la rosée du matin et lherbe à volonté.
Cétait un peu comme si tu respirais pour moi !
Maintenant que tes yeux sont fermés pour toujours,
If, jai le souffle court, très court
Depuis quatre ans que tu es entré dans notre vie
tu as toujours été une grosse boule damour dans nos curs.
Une grosse boule légère et douce
Mais Dieu quaujourdhui inerte, cette boule est lourde
sans ce galop léger et fier qui nous a tout de suite fait craquer,
sans ce regard joyeux lorsque tu jouais avec mes jeunes enfants,
sans ta gourmandise espiègle, sans ta chaleur douce...
juste là, sous ta crinière
Où que tu sois, If, je taime
pour toujours !