Le cheval de halage

Le cheval tire les bateaux

Dessin de Martial CHANTRE
Dessin de Martial CHANTRE

Le halage est la traction d’un bateau par des hommes ou des animaux. Avant les énergies mécaniques, les bateaux étaient souvent tirés depuis la rive par des chevaux… Attelés par des cordes, les chevaux de trait tiraient le bateau depuis un chemin de halage aménagé sur la berge. Ils pouvaient faire avancer des péniches de 80 tonnes à près de 5 km heure. La batellerie avec traction animale disparut dans la seconde moitié du 19ème siècle.

Le travail du cheval de halage

Le câble de halage permettant la traction était fixé en hauteur sur un mât installé sur le bateau. Ce mât pouvait être couché pour permettre le passage du bateau sous les ponts. Il devait être assez long pour empêcher que les chevaux ne tombent à l’eau. Ils sont souvent attelés par deux ou par quatre selon le poids de la charge à déplacer sur l’eau. Parfois, ce sont des convois de plusieurs embarcations qui sont déplacés, tractés par des attelages de huit chevaux et plus. Un convoi de 6 bateaux pouvait représenter une charge de 450 tonnes. Ces convois avançaient à un rythme d’une dizaine de km par jour. Pour déplacer un chaland sur un canal, un cheval seul pouvait tirer l’embarcation chargée de bois, de sel ou autres marchandises sur plus de 20 km par jour.

Le cheval de halage tirait sa charge au pas. Un travail imposant une traction à l’oblique, très éprouvante pour les jambes et les épaules du cheval. Il n’était pas rare qu’après trois années de travail, les mariniers se séparent de leurs chevaux. En plus des efforts de traction, le cheval devait se déplacer sur des sols mal entretenus, souvent sur des pierres, ce qui exigeait une ferrure spéciale, néanmoins sans crampons malgré la difficulté du terrain, pour ne pas risquer d’accrocher les cordages, ni d’abîmer les ponts des bateaux.

Les mariniers, surtout ceux qui avaient un petit nombre de chevaux, avaient intérêt à prendre soin de leurs animaux. Il arrivait parfois que l’un des mariniers s’attèle avec ses chevaux pour les soulager un peu. Les chevaux, ânes ou mulets effectuant le travail de halage étaient parfois logés dans une écurie placée au milieu du pont du bateau. La réserve de foin nichée dans le toit de cette écurie flottante. Pour éviter les risques de noyade de leurs chevaux, au cas où la corde, parfois longue de près de 80m, s’accroche dans un arbre ou un obstacle, les mariniers prévoyaient toujours un couteau fixé aux colliers de cuir, permettant de couper rapidement le cordage.

ligne-claire