Si depuis quelques temps le monde entier retenait son souffle pour savoir qui serait le nouveau locataire de la Maison Blanche, aujourd’hui, il s’étonne quelque peu de devoir patienter 75 jours pour que le Président Obama emménage. Ce n’est pas que les cartons soient si longs à faire… non, c’est la faute des chevaux !
Et oui, parce qu’à l’heure du Web 2.0, alors que l’on peut faire le tour de la planète en trois clics de souris ;-), on doit attendre un calendrier calculé au 18ème siècle, sur le pas des chevaux !

A cette époque, ce sont les contraintes agricoles qui rythment les activités sociales. Par exemple, les élections ne pouvaient avoir lieu qu’après les moissons et avant les rigueurs de l’hiver. On choisit donc début novembre. Mais pas n’importe quel jour. Il fallait éviter le lundi trop proche du jour du Seigneur sachant qu’il fallait parfois plus d’un jour à certains électeurs pour se rendre sur le lieu de vote. Eviter aussi le mercredi, jour de marché. On retint donc le mardi qui suivait le premier lundi de novembre ce qui permettait d’éviter la Toussaint.
Après le vote, même menés au galop, relayés d’équipages en équipages, il fallait plusieurs jours, d’Etats en Etats pour collecter à cheval les résultats des votes ! On comptait environ un mois pour que les résultats, toujours à cheval, remontent jusqu’à Washington. Après la proclamation des résultats, il fallait aussi à l’élu le temps de rassembler ses effets personnels, ensuite acheminés en diligence jusqu’à la Maison Blanche.
Ces délais ont-ils toujours un sens aujourd’hui sur la terre même de Google et de Microsoft, quand l’urgence économique mondiale « piaffe » ?
Ce qui est sûr, c’est qu’ils sont inscrits depuis 1787 dans la Constitution des Etats Unis, l’une des plus ancienne appliquée encore aujourd’hui quasiment à la lettre (elle n’a fait l’objet que de 27 amendements en plus de deux siècles). Elle jouit d’un respect quasi unanime, presque sacré, de la part de tous les citoyens Américains, sachant que tous les officiels lui prêtent serment.
Lorsque le monde avance au pas des chevaux… il redécouvre les vertus de la patience !